Le ciel du mois de janvier 2019

Le ciel du mois de janvier 2019.

 

L’actualité en ce tout début d’année, c’est le passage de la sonde New Horizons à proximité du petit corps Ultima Thulé. Si vous avez lu ma rubrique de décembre 2018 (sur le site du CAASV), vous savez que dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, la sonde, célèbre pour nous avoir envoyée de magnifiques photos de Pluton « remet le couvert » et survole le transneptunien 2014 MU69 récemment rebaptisé : « Ultima Thulé ». Ce passage permettra de dévoiler la forme et la composition de ce lointain objet situé à plus de 43 unités astronomiques du Soleil.

Il fait frais en ce mois de janvier, mais il fait aussi nuit très tôt. Alors pour ne pas vous geler inutilement voici déjà une petite liste d’objets faciles à observer de bonne heure. Les horaires donnés ici sont ceux de la mi-janvier mais vous pouvez utiliser le célèbre logiciel Stellarium pour affiner vos recherches.

Seront visibles à partir de 18h : les Pléiades (M45), la galaxie Andromède (M31), l’amas spiral M34, la galaxie du Triangle (M33), et le double amas de Persée (NGC884).

A compter de 18h30 vous pouvez tourner votre regard vers les amas M35 et M36. Il y aura également l’amas de l’étoile de mer à découvrir (M38).

Vers 19h, il faudra non seulement orienter vos télescopes vers la grande nébuleuse d’Orion (M42), mais aussi vers l’amas en forme de cœur M50.

Après, ces quelques conseils, commençons notre marathon astronomique du mois, dès le premier janvier. Ce jour là, la Lune sera 48′ de Vénus.

Passons aux 2 et 3 janvier, avec : les Quadrantides. C’est une des plus lumineuses pluies d’étoiles filantes. Il faudra s’attendre à 120 météores par heure. Son radiant se trouve dans la constellation du Bouvier, proche des constellations d’Hercule et du Dragon. Cette région du ciel était autrefois appelée la constellation du Quadrant, d’où le nom de Quadrantides.

 

Le 3 janvier la Lune sera à 2,3° de Jupiter.

Vendredi 4, le club CAASV organise sa première réunion de l’année. Le rendez-vous est à 20h30 à la salle des associations de Saint-Sauveur. Je suis sûr qu’il y aura plein de petits gâteaux pour fêter ça. De plus, la Lune sera à 2,2° de Mercure.

Le 5 janvier, tentez cette observation difficile : le rapprochement entre Mercure et M8. Vous pourrez vous faire aider par les membres de l’association Repères qui organisent leur première JEP (Journée d’Echange et Partage) de l’année à l’observatoire de Rouvroy-les-Merles. A 19h42, la Lune sera à 23′ de Saturne.

 

 

Le 6 janvier, ce sera la nouvelle Lune. Il y aura une éclipse partielle de Soleil, qui ne sera malheureusement pas visible depuis la France. En effet, elle ne sera visible que depuis la Chine, la Sibérie, le Japon et le nord du Pacifique. En revanche, il devrait être facile d’observer Vénus qui atteindra ce jour là, sa plus grande élongation ouest (46,9°).

 


Mercredi 9, la Lune sera à son apogée. Le lendemain 10 janvier, elle sera à 3,4° de Neptune.

Ce sera au tour du club Andromède de Lassigny de faire sa rentrée 2019 en ce 11 janvier. Comme d’habitude rendez-vous au club à 21h. (Même si personnellement, je trouve que c’est un peu tard alors que l’on peut observer dès 18h). Ce jour là, Mars sera à 5,4° de la Lune et Mercure sera à son aphélie.

Dimanche 13, préparez-vous. L’astéroïde (704) Interamnia sera en opposition avec le Soleil.

Si vous décidez observer Jupiter ou de prendre la planète en photo, dans la nuit du 12 au 13 janvier, peut-être arriverez-vous à détecter ces transits multiples, avec un satellite et trois ombres de satellites sur la géante gazeuse?

 


Le 14 janvier, la Lune nous offrira son premier quartier. Elle se verra approchée par la célèbre planète Uranus (5,4°). Découverte par William Herschel : le 13 mars 1781. Il effectuait à l’aide d’un télescope, de son jardin, une recherche systématique d’étoiles doubles. Il annonça sa découverte le 26 avril en tant que comète ! Mais, c’est Charles Messier qui remarqua qu’en grossissant on obtenait un aspect de disque et qu’elle ressemblait plus à une planète (Cocoricoooo!).

 

Le 17, c’est Aldébaran qui sera au plus proche de la Lune. Egalement appelée Alpha Tauri, c’est une étoile géante orangée. C’est également l’étoile la plus brillante de la constellation du Taureau. Située à 65 AL, elle est la 13 sème étoile la plus brillante du ciel nocturne.

 

 

Le 18 janvier, le CAASV organise une soirée astronomique dans les écoles de Saintines et de St-Vaast. Si vous ne connaissez pas ce jeune club, venez faire la connaissance de ses membres très actifs.

Le lendemain, l’astéroïde (30) Hébé passe à 2,3° de Bételgeuse.

Ensuite, ne manquez pas ce rendez-vous : le 21 janvier ce sera la pleine Lune avec une éclipse totale de Lune, centré à Cuba. La phase de totalité sera bien visible chez nous. Mais attention, il faudra être courageux, car le phénomène commencera très tard dans la nuit ou très tôt le matin (c’est vous qui voyez). De plus, elle sera à son périgée.

Voici les horaires :
-Entrée dans la pénombre :          2 h 36 UTC
-Entrée dans l’ombre :                   3 h 33 UTC
-Commencement de la totalité :  4 h 41 UTC
-Maximum de l’éclipse :                5 h 12 UTC
-Fin de la totalité :                          5 h 43 UTC
-Sortie de l’ombre :                        6 h 50 UTC
-Sortie de la pénombre :               7 h 48 UTC.

 

Pourquoi voit-on encore la Lune durant une éclipse totale ?

La Lune ne produit aucune lumière par elle-même. Si nous la voyons, c’est uniquement parce que le Soleil l’éclaire et qu’elle réfléchit une portion de cet éclat solaire vers nous. Lorsque la pleine lune s’enfonce dans l’ombre de la Terre, lorsqu’elle se cache derrière notre planète en quelque sorte, le Soleil ne peut plus l’éclairer et, logiquement, elle devrait disparaître. Ce serait le cas si la Terre ne possédait pas d’atmosphère… mais nous ne serions pas là pour en parler. La fine couche gazeuse qui enveloppe la planète qui nous abrite joue un rôle important puisque le rayonnement solaire qui la traverse est filtré et réfracté de telle manière que la portion rouge de ce rayonnement est rabattue vers l’intérieur de l’ombre terrestre. Au lieu d’être totalement opaque, l’ombre terrestre est donc plus ou moins teintée de rouge, comme nous pouvons le constater en regardant l’écran lunaire sur lequel elle se projette. La couleur dominante de la Lune éclipsée dépend donc de l’atmosphère. Il est même possible d’aller un peu plus loin dans le raisonnement en constatant que selon la couverture nuageuse à la périphérie de la Terre durant la totalité, la pollution et la quantité de poussières ou d’aérosols d’origine volcanique présents dans l’atmosphère, les teintes de l’éclipse sont plus ou moins intenses : plus l’atmosphère est pure dans les régions concernées, plus l’éclipse est claire, avec une ombre d’un beau rouge cuivré parfois bordé de bleu ou de vert. Il convient également de rappeler que plus la Lune passe près du centre de l’ombre, et plus elle est proche de la Terre à ce moment, plus elle est voilée par une ombre dense et foncée. Dans certains cas, le cœur de l’ombre est tellement opaque que la Pleine Lune disparaît pratiquement du ciel au moment du maximum.

Cette même nuit, en raison de l’éclipse, peut-être arriverez-vous à observer (324) Bamberga qui sera en opposition avec le Soleil.

Le 22, Vénus et Jupiter brilleront de concert à environ 2,4° l’une de l’autre.

Le lendemain, 23 janvier, c’est la Lune et Régulus qui seront à 1,8° de rapprochement. Régulus est l’étoile la plus brillante de la constellation du Lion. C’est un système stellaire comportant au moins quatre étoiles, situé à environ 77,5 AL de la Terre. Avec Arcturus et Spica, elles composent le Triangle de printemps.


Deuxième réunion au club Andromède le 25 janvier. Toujours à 21h dans les sous-sol du château de Lassigny en face de la mairie.

Le dernier quartier de la Lune sera visible le 27 janvier.

Mercredi 30, la Lune passe à 2,3° de Jupiter. Le lendemain, elle sera à 23′ de Vénus.

Enfin, pour finir le mois, le 31, (89) Julia sera en opposition avec le Soleil. (89) Julia est un astéroïde de la ceinture principale découvert par Édouard Stephan le 6 août 1866.

Les phases de la Lune.

 

Apparence des planètes au télescope pour janvier 2019

Faits astronomiques marquants