Le ciel du mois de juin 2019.

Le ciel du mois de juin 2019.

En juin, les nuits sont courtes, très courtes. Et il n’y aura plus de nuit vraiment noire avant la mi-juillet. Inversement, en hiver, la nuit tombe très tôt et est très sombre.

Ce phénomène a bien évidemment une incidence sur la qualité de vos observations astronomiques : en l’absence de nuit noire, peu de chance que soient couronnées de succès vos chasses aux galaxies lointaines et aux nébuleuses les plus pâles.

Pourquoi les nuits ne sont-elles pas pas toujours aussi noires ? Plusieurs raisons à cela : tout d’abord, la présence de la Lune. Une belle Pleine Lune, bien lumineuse, bien éclatante, voilà qui réduit à peu de choses la vision d’une galaxie dans votre télescope…

Autre cause : les saisons. Car si la hauteur du Soleil au-dessus de l’horizon varie au fil des saisons, sa hauteur sous l’horizon, lorsqu’il est couché, varie également, ainsi que vous le montre le petit schéma ci-dessous. En hiver, le Soleil plonge profondément sous l’horizon : la nuit en est beaucoup plus sombre. En été, en revanche, le Soleil ne descend jamais bien bas sous l’horizon et sa lumière parvient encore à diffuser dans le ciel et à l’éclairer faiblement : pas de nuit noire.

Ce n’est donc pas le mois pendant lequel vous pourrez traquer de faibles nébuleuses ou de lointaines galaxies. Il vaudra mieux en profiter pour admirer la Lune et les planètes, ces dernières étant à l’honneur avec l’opposition de Jupiter le 10 juin, un peu moins d’un mois avant celle de Saturne le 9 juillet.

Quelques constellations nouvelles sont visibles en début de soirée, dans le ciel de juin. Il s’agit du Bouvier, de la Couronne (Corona Borealis) et de la Balance (Libra).

Le Bouvier est facile à repérer, car il possède l’une des étoiles les plus brillantes du Ciel: Arcturus, qui se situe dans le prolongement de la queue de la Grande Ourse. En continuant cette courbe, on rencontre Spica ou l’Epi, qui est l’étoile alpha de la Vierge. Arcturus se caractérise pas sa couleur orangée très marquée: il s’agit d’une étoile géante rouge. Son diamètre est d’environ 600 fois celui du Soleil. Le bouvier, en forme de cerf-volant, se déploie en direction de la Petite Ourse depuis Arcturus. Cette zone du ciel étant à la fois hors de la Voie Lactée et des amas de galaxies que l’on observe en mai, elle ne contient que très peu d’objets du ciel profond et aucun objet de Messier, bien que M3, ne soit pas si loin.

Vous connaissez la constellation la Lyre dont l’étoile principale, Vega, fait partie du triangle d’été. Après avoir repéré Vega et Arcturus, imaginez une ligne rejoignant ces deux astres et visez le point situé à un tiers d’Arcturus. Vous y découvrez la belle Couronne boréale, arc de cercle composé de 6 ou 7 étoiles. Là aussi, aucun des 110 objets de Messier ne se trouve dans cette zone du ciel.

Enfin, la constellation de la Balance est située entre le Scorpion, qui doit se lever au sud-est en début de soirée et Spica de la Vierge. Avec un peu d’imagination, on parvient à distinguer une forme de Balance, mais aucune des étoiles n’y est très lumineuse; c’est pourquoi son intérêt est moindre. De plus, elle ne possède pas d’objet du ciel profond spectaculaire, pour les mêmes raisons que le Bouvier. Savoir situer la Balance, constellation du zodiaque, est important, car elle est périodiquement traversée par les planètes du système solaire.

Lundi 3 juin ce sera la nouvelle Lune. C’est une période privilégiée pour l’observation du ciel profond bien que nous soyons proche du solstice d’été.

Durant la nuit du 5 juin vous pourrez observer plusieurs transits de satellites devant Jupiter. Le premier avec un satellite et deux ombres de satellites à 1h33 (TU) puis deux satellites et deux ombres à 1h41 (TU).

Le temps universel (TU) est une échelle de temps fondée sur la rotation de la Terre. C’est le prolongement moderne du temps moyen de Greenwich (GMT, Greenwich Mean Time), qui est le temps solaire moyen au méridien de Greenwich. GMT a été remplacé par TU en 1972.

Ce jour là, ce sera le meilleur moment pour observer la lumière cendrée de la Lune juste après le coucher du Soleil. La lumière cendrée c’est la lumière du Soleil qui est réfléchie par la Terre vers le côté sombre de la Lune.

Il y aura également un rapprochement avec la planète Mars.

Le lendemain 6 juin, Mercure sera proche de M35 (ou NGC 2168). Messier 35 est un amas ouvert situé dans la constellation des Gémeaux. Il a été découvert par l’astronome suisse Philippe Loys de Chéseaux en 1745. L’amas a été observé par Charles Messier le 30 aout 1764.

Encore un beau rendez-vous, le vendredi 7 juin ! Ce soir là, les deux clubs, Andromède et CAASV (http://www.caasv.org/wordpress/) font réunion commune. Le lieu du rendez-vous est fixé à Lassigny au local du club à 21h. Si la météo assure, on risque de retrouver un beau camp d’astronomes dans la banlieue de Compiègne. Si la météo venait à être mauvaise, allez voir le programme: https://www.astroclub-andromede.fr/evenement-221-reunion-observation-avec-le-caasv.html

Le 8, ce sera la Lune qui sera au périgée à une distance de 368504 km. Elle sera toute proche de Régulus (Alpha Leonis / α Leonis / α Leo). C’est l’étoile la plus brillante de la constellation du Lion. D’une magnitude apparente de +1,40, c’est également la vingt-et-unième étoile la plus brillante du ciel nocturne et sa proximité avec l’équateur céleste la rend visible de toutes les zones habitées sur Terre. Elle est située à 79 années-lumière du système solaire. Le nom Regulus dérive du latin et signifie « petit roi ».

En réalité, Régulus est un système stellaire composé de quatre étoiles, disposées en deux paires qui gravitent l’une autour de l’autre ; le premier couple est une binaire spectroscopique formée d’une étoile bleu-blanc de la séquence principale (la plus proche de la Terre de son type spectral) et, probablement, d’une naine blanche. À environ 4 200 UA du premier couple se trouvent une naine orange et une faible naine rouge qui forment une paire d’étoiles distantes l’une de l’autre d’environ 100 UA.

Le 9, c’est mon anniversaire, j’accepte tous cadeaux solides et/ou liquides.

Un ”X” sur la Lune ! Le ”X” lunaire est un phénomène ponctuel observable aux jumelles et au télescope. Il se produit moins de 24 heures avant le premier quartier et est visible pendant environ les 4 heures suivantes. Ce phénomène est créé par l’illumination rasante de la région des cratères Blanchinus, La Caille et Purbach par le soleil. En effet, le long du terminateur de la lune (ligne de démarcation entre l’ombre et la lumière qui trace pour nous sur terre le contour des différentes phases de la lune que nous observons à chaque mois), un jeu d’ombres et de lumière fait apparaître un ”X” blanc comme sur la photo.

Le 10 juin, Jupiter sera à l’opposition avec le Soleil. C’est la meilleure période pour observer la géante gazeuse car elle se trouve à son point le plus proche de la Terre. Jupiter sera près d’Antares l’étoile principale de la constellation du Scorpion. Au télescope, vous pourrez distinguer des détails à sa surface et peut être même voir la Grande Tâche Rouge. De plus, la rotation de Jupiter étant très rapide (10 heures), au cours de la nuit vous pourrez voir des aspects différents. Près de l’horizon à gauche de Jupiter se retrouvera Saturne en rapprochement.

L’astéroïde 410 Chloris sera lui aussi en opposition le 12 juin. Il affichera la faible magnitude de 10,4. L’astéroïde a été découvert par Auguste Charlois le 7 janvier 1896.

Le dimanche 16, il y aura un rapprochement très serrée entre la planète géante Jupiter et la Lune.

Puis le 17 verra un rapprochement entre Vénus et Aldébaran. La distance topocentrique sera de 4,7°. Aldébaran, également appelée Alpha Tauri (α Tauri/α Tau) selon la désignation de Bayer, est une étoile géante orangée, et l’étoile la plus brillante de la constellation zodiacale du Taureau. Située à environ 65 années-lumière du Soleil, elle est la 13e étoile la plus brillante du ciel nocturne. Sa magnitude absolue est de −0,63 et sa magnitude apparente moyenne de +0,86.

Visuellement, Aldébaran semble le membre le plus brillant d’un groupe d’étoiles assez étalé : les Hyades, amas d’étoiles le plus proche de la Terre. Mais elle se situe, en fait, à mi-chemin entre notre planète et les Hyades. Elle en est donc indépendante.

Ce jour là, ce sera également la pleine Lune.

Le lendemain, c’est Mercure et Mars qui danseront ensemble avec un distance d’à peine 0,2°.

Le 19, rapprochement très serré entre Saturne et la Lune.

Suivra un autre rapprochement le 20 juin entre Mercure et Pollux cette fois-ci.

Le 21 juin, c’est le Solstice d’été. C’est le jour le plus long et malheureusement pour les astronomes la nuit la plus courte. Le jour du solstice d’été, la déclinaison du Soleil par rapport à l’équateur céleste (projection de l’équateur terrestre sur la sphère céleste) atteint un de ses extrêmes : +23,5° ou -23,5°, selon l’hémisphère considéré.

Lors du solstice d’été, le Soleil passe à la verticale du tropique du Cancer car il est situé à 23,5° nord. Pour le solstice d’hiver, il se déplace au-dessus du tropique du Capricorne.

Ce jour, Mars sera proche de Pollux. Mais c’est aussi une soirée de réunion pour le CAASV. Cette fois-ci le rendez-vous est fixé à la maison des associations de Saint-Sauveur.

Dimanche 23 juin, la Lune sera à l’apogée et atteindra la distance de 404548 km.

Le 24, tentez d’observer Mercure qui sera à sa plus grande élongation EST à une hauteur de 25,1°.

Dernier quartier de Lune le 25 juin.

Enfin, une nuit d’étoiles filantes ! Le 27 juin ce sera les Bootides de juin. Cet amas mobile de météores se nomme les Bootides à cause de sa proximité géographique avec la constellation du Bouvier (Bootes en latin). Actif et visible du 22 juin au 2 juillet, il provient entièrement de la comète 7P/Pons-Winnecke, sous forme de débris. Cette dernière, observée pour la première fois en 1812, doit son nom à l’astronome français Jean-Louis Pons. Mais également à son confrère allemand, Friedrich Winnecke, qui l’a redécouverte en 1858. Ce double-nom n’aura plus aucun secret pour vous !

Vendredi 28 juin, deuxième soirée réunion/observation avec le club Andromède. Le rendez-vous est à 21h au local du club. https://www.astroclub-andromede.fr/evenement-217-reunion-observation.html

On finit le mois en beauté. Comme on l’a commencé avec l’association Repères qui organise samedi 29 une journée échange et partage à Rouvroy-les-Merles. Venez découvrir cette sympathique équipe et son observatoire.

Ce jour là vous pourrez également observer la lumière cendrée de la Lune juste un peu avant le lever du Soleil.

Phases lunaires pour juin 2019 :

Apparence des planètes au télescope :

Visibilité des planètes.