Les Pléiades, filles d’Atlas

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Les Pléiades filles d’Atlas
L’amas des Pléiades sur l’échine du Taureau (Atlas Alexander Jamieson).

En résumé :

Les Pléiades sont sept sœurs qui ont été mises au ciel ensemble pour former un amas d’étoiles situé dans la constellation du Taureau, elles sont les filles de d’Atlas, le fameux Géant qui a combattu aux origines les premiers dieux olympiens. Puni par Zeus, il porte sur lui éternellement la voûte céleste. D’une union avec Pléioné, il eût les Pléiades, ainsi que les Hyades (un autre amas du Taureau) .

D’une grande beauté, les Pléiades eurent toutes comme compagnon des Dieux Olympiens, à l’exception de Meropé qui s’unit à Sisyphe. Lors d’un passage en Béotie, elles croisèrent Orion, qui tomba fou amoureux des sept sœurs. Il les poursuivit de ses assiduités pendant plusieurs années. Las de cette éternelle fuite, elles furent transformées d’abord en colombes. Mais pris de pitié, Zeus les plaça au ciel.

L’amas des Pléiades en quelques mots :

Les Pléiades (parfois La Pléiade) se situent dans la constellation du Taureau et constituent la partie haute de son échine. Elles sont juste en dessous de la constellation de Persée. Il s’agit en fait des étoiles les plus visibles (de 4 à 10 selon les auteurs anciens) d’un amas ouvert comprenant en tout quelques 2000 étoiles séparées de nous par 380 années lumières. Cet amas figure en tant que tel dans le catalogue de Messier (M45). Il est aisément observable à la jumelle et se situe au plus haut dans notre ciel en hiver.

Dans les écrits anciens, les Pléiades sont une constellation à part :

Il y représenta toutes les constellations dont le Ciel se couronne : les Pléiades, les Hyades, le vigoureux Orion, l’Ourse, etc.

Homère, l’Iliade, chant 18

Elles le doivent au rôle important qu’on leur a attribué au niveau des rythmes agricoles et de navigation.

Au lever des Pléiades, filles d’Atlas, commencez la moisson, les semailles à leur coucher. (…) Souviens toi alors que, quand les Pléiades, fuyant devant la force puissante d’Orion, tombent dans la mer embrumée, c’est le moment où bouillonnent les souffles de tous les vents.

Hésiode, Les Travaux et les Jours

Le lever évoqué par Hésiode fait référence au lever héliaque (moment où une étoile apparaît juste avant que le soleil ne se lève).

La Pléiade révèle deux saisons, quand la douceur printanière rappelle au laboureur son champ et quand survient l’hiver, que les gens d’expérience doivent éviter à l’abri du port.

Germanicus, Les phénomènes d’Aratos

Mais au tournant de l’ère chrétienne, les Pléiades sont progressivement intégrées à la constellation du Taureau (Hygin). Dans l’Almageste de Ptolémée, les étoiles composant La Pléiade (trois seulement) sont décrites au niveau de la constellation du Taureau.

Les sept Pléiades (Aratea de Leyde).

Ce qu’en disent les auteurs grecs et latins :

Elles sont pourtant renommées chez les hommes comme les étoiles aux sept voies, bien que six seulement se montrent à nos yeux. (…) Et on les désigne ouvertement sous sept noms : Alcyoné, Méropé, Célaeno, Electre, Steropé, Taygété et la vénérable Maia.

Aratos de Soles. Phénomènes.

Elle (la Pléiade) est constituée par un amas de sept étoiles, dont on raconte qu’elles sont les filles d’Atlas, raison pour laquelle on l’appelle aussi Heptastère (celle qui a sept étoiles).

Eratosthène de Cyrène. Catastérismes.

Pour ces Pleiades, les anciens astronomes les ont représentées à l’écart du Taureau. Elles sont les filles d’Atlas et de Pléioné.

Hygin. L’Astronomie.

Un espace fort exigu les maintient toutes groupées ; toutes , malgré leur terne flambeau, sont signalées par la lumière proche d’une constellation ardente : car dolent est l’éclat de ces sœurs, astres trop peu brillants pour rayonner de flammes d’or.

Aviénus. Les Phénomènes d’Aratos.

Les Pléiades, Elihu Vedder, 1885.

Filles d’Atlas fuyant Orion :

Le fait est couramment admis chez tous les auteurs des mythologies grecque et romaine : les Pléiades sont les filles d’Atlas (fils du titan Japet et Clymène) et de Pléioné, océanide (fille du titan Océan et de la titanide Thétys).

Elles ont pour père le porteur du ciel.

Germanicus

Seul Hygin émet des variantes à cette ascendance, parlant de Hyas et Béotia.

Elles sont donc sept ayant eu des relations amoureuses avec des dieux olympiens, à l’exception de Méropé. Trois vont s’unir à Zeus : Electre qui enfanta Dardanos (les textes parlent plutôt d’un viol); Taygété donna naissance à Lacédaemon et Maia,

Fameuse par le dieu qu’elle enfanta.

Aviénus, faisant référence à Mercure-Hermès.

Deux vont avoir Poséidon comme amant : Célaeno, de qui elle aura un fils, Lycos et Alcyone, qui deviendra la mère d’Hyfriée, d’Hypérenor et d’Ethusa. Steropé va, quant à elle, succomber aux charmes d’Arés, avec qui elle aura Oenomaos, roi de Pise. La septième Pléiade, Méropé, va, contrairement à ses sœurs, épouser un mortel, le fameux Sysiphe, condamné par Zeus à faire rouler indéfiniment un rocher au sommet d’une colline. Ensemble, ils auront un fils, Glaucos.

Si les Pléiades sont au ciel, c’est en raison de leur triste sort. Elles sont les compagnes d’Artemis, déesse de la nature et de la chasse. Et lors d’une chasse en Béotie, elles vont croiser la route d’Orion, géant et grand chasseur. Ce dernier se prend d’un amour fou pour les Pléiades et leur mère, Pléioné. Il les poursuit de ses assiduités durant plusieurs années (cinq ou sept selon les versions). Pour lui échapper, les Pléiades se transforment en colombes. Attristé de leur sort, Zeus décide alors de les placer au ciel. Mais à la mort d’Orion, Zeus, à la demande d’Artémis, le plaça également dans le ciel, non loin des Pléiades (pas très sympa pour elles!) :

Orion semble encore les poursuivre dans leur fuite jusqu’au couchant.

Hygin.

A noter qu’une autre variante a été donnée par Hygin pour expliquer leur positionnement au ciel. Affligés par la mort de leur frère Hyas à la suite d’une chasse au lion, les Hyades décident de se suicider. Les Pléiades, sœurs de Hyas et des Hyades, les suivent dans ce tragique destin. Zeus décida alors de placer les Hyades et les Pléiades au ciel.

Les Pléiades montant au ciel (John Flaxman, 1755–1826).

Six ou sept ?

C’est le mystère qui entoure cet amas d’étoiles : on dit bien partout que les les Pléiades sont sept. Mais on dit également par ailleurs que seules six étoiles sont nettement visibles.

On les dit au nombre de sept, mais personne ne peut en voir plus de six.

Hygin

On n’en voit pourtant pas sept, mais seulement six.

Eratosthène

Le mystère de la disparition de cette septième étoile est d’autant plus surprenant que, rien dans la magnitude des étoiles les plus brillantes de cet amas permet d’en isoler une plus que l’autre. Techniquement, l’œil nu permet même d’en distinguer neuf, d’une magnitude allant de 2,8 à 5,4 : 16, 17, 19, 20, 21–22 (une double), 23, 27, 28 et h (Tau). Dans les catalogues des noms d’étoiles, pour arriver à 9, on a ajouté aux noms des sept Pléiades, ceux de leur parent (Atlas et Pléioné).

Alors d’où vient cette fameuse septième étoile subitement devenue invisible ? S’agirait il d’un réel phénomène astronomique (la brillance d’une étoile peut pâlir subitement) ou d’une interprétation purement mythologique ? Sur ce dernier point, les auteurs anciens nous donnent deux explications. La première serait liée à Méropé, dont l’éclat serait moindre en raison du fait qu’elle a épousé un mortel :

mais pour avoir épousé un mortel, son étoile est sans éclat.

Hygin

La deuxième serait liée à Electre. Qui, à la suite de l’incendie de Troie l’Idéenne, est :

endeuillée par les nombreux morts de sa race.

Aviénus

Elle se retire alors de l’obscurité et :

voile d’affreux nuages son disque désolé, si bien que sa tête est le plus souvent enveloppée d’obscures ténèbres.

Aviénus

De manière allégorique, Electre réapparaîtrait ici ou là sous forme de comète voire d’étoile isolée (Cor Carolis?). Là encore si l’explication poétique est séduisante, la confrontation à la réalité l’est moins : les brillances de Méropé et d’Electre sont comparables aux autres étoiles visibles de l’amas M45.

Les Pléiades filles d’Atlas
William Bouguereau, L’Étoile perdue, 1884 (représentant Méropé).

Pour en savoir plus :

Ecrit par Jean Paul Meyronneinc.


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