Sciences Participatives : L’ESA recherche plusieurs analystes en lentilles gravitationnelles, débutants acceptés !
L’ESA (l’Agence Spatiale Européenne) recherche plusieurs “analystes en lentilles gravitationnelles” (bénévoles) sans expérience. Nombre de postes à pourvoir : le plus possible.
Votre mission ? Participer à l’analyse collective de près de 200 000 clichés pris par le satellite EUCLID. Sur les 72 millions de galaxies détectées présentant un potentiel effet de lentille gravitationnelle une première sélection de 300 000 candidates a été effectuée par algorithmes et réseaux d’IA. Mais pour les clichés les plus sensibles, rien de vaut le duo oeil/cerveau humain !
Comment participer à la classification des potentielles lentilles gravitationnelles ?
Rendez-vous sur le site zooniverse.org, direction le projet Space Warps. Suivez le tutoriel qui va vous expliquer votre mission : observer 4 images d’un même sujet et détecter une potentielle lentille gravitationnelle.

Si vous détectez un effet de lentille vous pouvez positionner votre souris pour marquer l’emplacement, cliquez ensuite sur “DONE”. Vous avez aussi la possibilité d’intégrer un canal de discussion avec une équipe de chercheurs via le bouton “DONE & TALK”. Bravo, une image de faite il en reste 191 853 !

Oh et de temps en temps des effets de lentilles déjà validées viendront s’incruster dans vos analyses, histoire de vous dire si vous êtes sur la bonne voie et si vous avez le bon coup d’œil.

En cas de doute un pense-bête est disponible en cliquant sur le bouton “FIELD GUIDE” :

Pas de rémunération en vue mais si 100 de vos classifications sont confirmées et validées par un comité d’experts (les vrais pros…) votre nom sera ajouté à la liste des contributeurs dans l’annexe de l’étude lors de la publication de l’article scientifique de découverte final, celui qui présentera la liste complète des lentilles candidates issues du projet !
Pour aller plus loin,
Avant de vous lancer dans l’aventure petit rappel sur les lentilles gravitationnelles (source : space warp esa) :
La théorie de la gravité d’Einstein, la Relativité générale, a fait une prédiction remarquable. Les objets massifs, comme les étoiles, courbent l’espace autour d’eux de sorte que les rayons lumineux passants suivent des trajectoires courbes. Les preuves de cette théorie révolutionnaire ont été obtenues pour la première fois par Arthur Eddington en 1919, lorsque, lors d’une éclipse solaire, il a observé que des étoiles proches du bord du Soleil semblaient légèrement décalées.
En 1937, Fritz Zwicky a compris que des galaxies massives (qui peuvent contenir entre dix millions et cent mille milliards d’étoiles) ou des amas de galaxies pouvaient être utilisés pour agrandir des galaxies lointaines que les télescopes conventionnels ne pouvaient pas détecter. A l’instar d’une loupe conventionnelle, ces lentilles gravitationnelles agrandissent et focalisent la lumière des galaxies de fond lointaines, mais peuvent aussi en déformer l’image.
Lorsque l’une de ces lentilles gravitationnelles se trouve juste devant une galaxie de fond, le facteur de grossissement peut atteindre x10 ou même plus, nous offrant une vue zoomée de l’univers lointain. Les lentilles peuvent nous aider à étudier de jeunes galaxies et leur processus de formation.
Les observations de la galaxie de fond déformée peuvent également nous fournir des informations utiles sur l’objet qui agit comme une lentille gravitationnelle. La séparation et la distorsion des images peuvent indiquer aux astronomes quelle masse il y a dans l’objet, et comment il est disposé. C’est l’un des rares moyens dont nous disposons pour cartographier où se trouve la matière noire dans l’univers, à quel point elle est grumeleuse et dense près des centres des galaxies. Des informations cruciales pour comprendre l’évolution des galaxies !
Crédits vidéo : Alessandro Sonnenfeld
Le satellite EUCLID (sources : wikipédia, ESA EUCLID) :
Le projet EUCLID poursuit le travail effectué par la mission Planck (cartographie la structure de l’univers primordial) en s’attaquant à l’évolution des structures de l’univers via l’observation de milliards de galaxies. Ces observations permettront de mieux comprendre comment l’expansion de l’univers a eu lieu et comment il s’est structuré à travers le temps et l’espace, nous permettant de mieux comprendre le rôle et la nature de la matière noir et l’énergie noire.
Le télescope spatial EUCLID est composé d’un miroir de 1.2m de diamètre, d’une caméra de 600 mégapixels pour l’imagerie en domaine visible (VIS), ce qui lui permet de photographier une zone de l’espace équivalente à trois pleines lunes, et d’un spectrographe imageur proche infrarouges (NISP).

La mission EUCLID a été lancée le 1er juillet 2023. Son orbite se situe au niveau du second point de Lagrange, nommé L2, situé à 1,5 millions de km de la Terre.
EUCLID n’est pas le seul télescope situé sur ce point. Il a rejoint les télescopes spatiaux GAIA et JWST. Ce point a été sélectionné car il offre des conditions d’opération optimum : un environnement radiatif bénin, qui est requis pour les détecteurs sensibles et des conditions d’observations très stables, qui sont suffisamment loin du système perturbateur Terre-Lune.

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