2026 Reperes Astro en Islande
Vient le temps d’une éclipse solaire totale et l’astronome amateur se mue nécessairement en oiseau migrateur.
Repères Astro n’a pas échappé à la règle, et depuis trois ans nous avions préparé soigneusement notre voyage pour l’Islande.
L’île pour une bonne partie de sa côte ouest était en effet comprise dans la zone de centralité de l’éclipse du 12 août 2026.
Ce périple était organisé par l’agence 80 jours voyages, basée à Lyon, créée et gérée il y a treize ans par Sylvain Chermette.
Sylvain était assisté par Alex Molle. Tous deux sont géologues et vulcanologues, ce qui fit de notre séjour un cours vivant sur la formation et l’évolution du sol islandais. Alex est en outre cofondateur de Objectif Volcans.
Il faut aussi souligner les fait que tous les deux ont géré de bout en bout l’intendance en préparant petits déjeuners et repas du soir. Créant ainsi des moments importants de convivialité autour de bons petits plats locaux.
Partis à 7 heures 45 de Roissy, nous atterrîmes 3 heures 40 plus tard à Keflavik où nos G.O. nous attendaient.
Le séjour commençait d’emblée, avant même d’avoir rejoint notre maison d’hôtes, via une boucle qui allait nous mener :
- Tout d’abord au lac de cratère Kerid, magnifique formation située sur la route menant de Selfoss au cercle d’or, aux eaux teintées de bleu de par leur teneur en minéraux,
- Puis aux chutes d’Öxarárfoss dans le parc de Pingvellir, qui se jettent dans la faille du Drekkingarhylur. Le lieu est réputé pour avoir été le siège du premier parlement après la colonisation viking de l’Islande. Géologiquement, il s’agit d’un Graben, s’expliquant par un affaissement du sol dû à un étirement des deux rives de la faille.
Enfin, un petit détour pour admirer la cascade de Purofoss.
Comme vous avez pu le constater, jusqu’à présent le temps était magnifique.
Ce fut un peu moins le cas le deuxième jour, consacré à une boucle autour du Snæfellsjökull depuis notre lieu de repos, le Lava Resort de Midhraun.
Nous avons commencé par… une cascade, celle de Selvallafoss (tout ce qui se termine en foss signifie chute d’eau, et il y en a partout), puis enchaîné sur la magnifique « montagne église », le Kirkjufell,
Après avoir traversé quelques champs de lave (solidifiée heureusement !) pour nous rendre à la plage de galets de Djupalonssandur, sur laquelle subsistent les reliquats rouillés d’un ancien bateau, puis au point de vue de Londrangar,
Nous avons poursuivi par l’ascension du cratère Saxholl, facilitée par l’aménagement d’un escalier métallique qui contourne son flanc.
Notons au passage que cette journée fut sur le plan géologique consacrée aux cônes de scories, dont fait partie le Saxholl, et dont l’exposé nous fut donné par Alex le matin même.
Direction ensuite la plage d’Arnarstapi, lieu de repos des cormorans, phoques et autres sternes arctiques.
Suivi d’une petite randonnée jusqu’au village d’Arnarstapi.
Troisième journée. Le grand jour. Et la grande déception. Malgré l’optimisme de Claude, le temps ne s’est jamais dégagé et la fameuse éclipse n’a pu s’entrevoir furtivement qu’à travers les nuages. Nous connaissions ce risque depuis le début, aussi avions-nous décidé de ne pas nous éloigner de notre lieu de villégiature.
A l’instar d’ailleurs de nos compatriotes de l’AFA, présents sur place. Et ce d’autant qu’au-delà d’Helissandur, toutes les routes allaient être bloquées sans solution de repli en cas de mauvais temps !
Et puis, nous nous consolons en nous disant qu’il ne s’agissait là que d’un des aspects du voyage.
Il faut cependant souligner qu’après l’occultation totale et avec la réapparition du Soleil, le ciel a présenté une couleur rose très particulière, ainsi que Claude là encore l’avait justement prédit.
On oublie cela avec une quatrième journée, consacrée au transfert au Nord Est du pays. Direction le Hlin Guesthouse à Steinstadaskolli, à 430 kms de distance.
Au programme, le célèbre « Troll de pierre » de Hvítserkur,
suivi d’un bain d’eau chaude et soufrée à la « piscine secrète du bout du monde » de Sylvain (lat. 66°N), à 400 kms du Groenland, entre mer et volcans. Un lieu encore épargné par le tourisme de masse, contrairement au Blue Lagoon qui jouxte Grindavik.
Vient ensuite une visite rapide du site de Glaumbauer, sur lequel ont été reconstruites les maisons traditionnelles islandaises, qui témoignent de la rudesse et de l’austérité de la vie des pêcheurs avant les temps modernes.
Le soir Alex nous fait une nouvelle leçon de géologie, cette fois-ci de l’île tout entière. C’est l’occasion pour nous d’apprendre, entre autres, que l’Islande est l’exemple rare d’un point chaud et d’une faille au même endroit, mais également que ladite faille continentale sort du plancher océanique, seul exemple au monde avec la vallée de l’Afar en Ethiopie.
Cinquième jour, et sacrée journée ! Nous pourrions la résumer à 313 kms de route, dont les deux tiers sur piste tape-cul, interdite à tout véhicule autre que « quat’ quat’ » (ça ne veut pas dire chat chat en anglais). Mais cela serait bien réducteur.
D’une part, dans ce voyage vers le sud, nous sommes passés entre deux grandes calottes glaciaires, le Langjökull et l’Hofsjökull.
D’autre part, cela a été pour nous l’occasion d’assister modestement à quelques aspects de la puissance de notre planète :
- Les bassins de Hveravellir, où vous pourrez vous baigner là aussi dans des eaux très chaudes, et vous changer entièrement nu devant tout le monde sans que cela ne gêne quiconque (c’était l’usage autrefois).
- Puis le site de Kerlingarfjöll, la « Montagne de la Sorcière ».
Et là vous êtes littéralement sur une autre planète, de soufre, de fumeroles, de montagnes oxydées à perte de vue, époustouflantes, qu’il faut arpenter via un escalier raide comme il se doit. Je fais abstraction des toilettes, que le Hellfest renierait.
Ce fut autrefois une station skiable en été. Aujourd’hui, seules subsistent quelques vagues plaques de neige isolées…
Mais elle se mérite, à 8 degrés ressentis 3, alors qu’en France la canicule culmine à 40 degrés… Quoique la température cette année soit « anormalement chaude », dixit Sylvain…
- Moins austère fut le site de la cascade de Gullfoss, ayant fait l’objet d’aménagements récents. Il s’agit là de l’un des trois points du fameux « cercle d’or ».
- Le deuxième point n’étant autre que les geysers de Srtokkur et Geysir, à quelques encablures.
Point culminant au sens propre, notre dernière journée a été l’occasion d’une sympathique grimpette de 5 kms sur les hauteurs de la vallée de Natthagi, à côté de Grindavik sur la côte sud, haut lieu des éruptions de 2021 à 2024.
Nous y avons contemplé un océan de lave figée et encore tiède en profondeur, sur lequel l’usage voulait alors -avec prudence, même si le magma en fusion était lent- d’y faire cuire ses saucisses et autres hot dogs.
Enfin, après un dernier détour par les sources bouillantes de Krysuvik, et un arrêt au lac de Kleifarvatn, direction Reikjavik.
L’occasion pour nous d’admirer les orgues de la cathédrale, et, nourriture plus terrestre, de déguster dans les rues commerçantes quelques fish and ships, burgers et autres bières bien mérités moyennant un prix égal à trois fois ce qui se pratique en France.
Retour le lendemain pour Paris au petit matin, avec nos organisateurs n’ayant presque pas dormi…mais assurant tout de même deux navettes jusqu’à l’aéroport, situé à 50 kms, dès 2h du matin…
Texte : Axel et Aurore Guillerand.
Photos : Axel et Aurore Guillerand, Maëlys, Raphaël, Barbara, Karine et Franck.
Mise en forme : Franck Raturat.
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